Panne sèche ou ras-le-bol général
« article écrit en 2014 mis à jour décembre 2025″
Les soucis du quotidien n’épargnent personne, et moi non plus. Voilà plusieurs mois que je n’ai pas écrit un seul article. Trois mois exactement. Ce n’est pourtant ni l’envie ni les occasions qui manquaient, bien au contraire. Les sujets sont partout autour de nous : les informations, les débats politiques, les crises internationales, les scandales qui surgissent régulièrement comme des bulles à la surface d’une eau trouble. Non, le problème n’était pas l’inspiration. Le problème était plutôt cette petite voix intérieure qui murmure parfois : « À quoi bon ? »
À quoi bon écrire quand on a l’impression que les conclusions sont déjà connues d’avance ? À quoi bon commenter un monde qui semble parfois tourner sur lui-même comme un disque rayé ?
Et pourtant, j’aime écrire. Comme disait Raymond Queneau : « Écrire ne coûte rien mais procure d’infinis plaisirs. » Je ne sais pas si je vais jusqu’aux plaisirs infinis, mais je reconnais volontiers que l’écriture a quelque chose de libérateur. Chez moi, un article commence presque toujours par un titre. Une phrase qui surgit dans ma tête comme un clin d’œil. Une idée un peu ironique, parfois provocatrice. Ensuite seulement je cherche ce que ce titre pourrait bien vouloir raconter.
Il y a quelque temps, après avoir regardé les résultats d’une élection à la télévision, un titre m’est venu spontanément :
« Si l’homme descend du singe, alors d’où viennent les hommes politiques ? »
Je reconnais volontiers que ce n’est pas très charitable. Mais l’humour et la politique ont toujours fait bon ménage. Depuis les caricatures dans les journaux jusqu’aux humoristes qui commentent l’actualité, se moquer du pouvoir est presque devenu une tradition démocratique. En regardant les résultats de cette élection, j’ai remarqué une chose assez amusante : les visages changeaient, mais le spectacle restait le même. Certaines chaises avaient changé de gluteus maximus, mais les discours ressemblaient étrangement à ceux d’avant. Chaque candidat arrive avec une idée forte, une promesse brillante, une solution qui semble presque évidente. L’économie va être relancée, le chômage va diminuer, la sécurité sera renforcée, les impôts seront mieux répartis, la société sera plus juste.
Je dois reconnaître que, pendant quelques instants, j’ai parfois envie d’y croire moi aussi. Mais les années passent et l’on découvre que la politique est une mécanique beaucoup plus complexe qu’un simple discours de campagne. Je me suis souvent demandé ce qui se passe réellement dans la tête d’un homme ou d’une femme politique lorsqu’il ou elle arrive au pouvoir. Est-ce que ces personnes croient vraiment qu’elles vont changer le monde ? Ou est-ce qu’elles savent déjà que la réalité les obligera à composer, négocier, renoncer ?
Car l’ascension politique ressemble souvent à un long parcours semé d’étapes obligatoires. Il faut convaincre, séduire, rassurer son parti, trouver des soutiens, construire des alliances. Il faut apprendre à parler en public, à peser chaque mot, à éviter les faux pas.
Bref, il faut apprendre le métier. Et parfois je me demande si ce métier ne finit pas par transformer ceux qui le pratiquent.
Plus les années passent, plus j’ai l’impression que la politique fonctionne comme une grande machine. Une machine dans laquelle les individus entrent avec leurs idées, leurs convictions, leurs rêves peut-être… et dont ils ressortent parfois un peu différents. Je ne dis pas cela avec amertume, plutôt avec une certaine curiosité. Parce que pendant que cette machine politique tourne, le reste du monde continue d’avancer. Et parfois, au détour d’un événement inattendu, la confiance du public se fissure un peu plus.
Je me souviens très bien de l’onde de choc provoquée par l’affaire Jeffrey Epstein. Tout à coup, on découvrait qu’un personnage très riche, entouré de personnalités influentes, avait évolué pendant » https://youtu.be/BI5Qj8ceHOA?si=6xZHi-uSvJISHwmH « des années dans un univers où se mélangeaient argent, pouvoir et relations internationales. Les révélations, les enquêtes, les rumeurs et les spéculations ont circulé partout. Beaucoup de gens ont commencé à se demander jusqu’où pouvaient aller certains réseaux d’influence. Je ne prétends pas connaître la vérité sur ces histoires, mais je constate simplement qu’elles alimentent une méfiance grandissante envers les élites politiques et économiques.
Et cette méfiance ne se limite pas à un seul pays.
Prenons par exemple la figure de Donald Trump. Je dois avouer que je regarde ce personnage avec un mélange de fascination et d’incrédulité. Pour certains, il représente l’homme qui ose bousculer le système politique traditionnel. Pour d’autres, il incarne au contraire une forme de spectacle permanent où la politique se transforme en scène médiatique. Quoi qu’on pense de lui, il est impossible de nier qu’il a profondément marqué la vie politique américaine et même la politique mondiale.
À l’autre bout de la planète politique, un autre personnage domine la scène depuis longtemps : Vladimir Poutine. Son parcours est très différent, mais il raconte lui aussi quelque chose du pouvoir moderne. Lorsque j’observe les tensions entre la Russie et les pays occidentaux, j’ai parfois l’impression d’assister à une partie d’échecs géante dont les règles m’échappent. Les experts expliquent, les analystes débattent, les gouvernements prennent position. Et pendant ce temps, la guerre en Ukraine rappelle brutalement que les décisions politiques peuvent avoir des conséquences dramatiques pour des millions de personnes.
Je ne suis ni diplomate ni stratège militaire. Je suis simplement un observateur qui regarde le monde depuis son canapé. Et parfois je me demande comment nous en arrivons toujours là. Comment les rivalités, les intérêts et les calculs géopolitiques finissent par produire des situations où les peuples payent le prix le plus lourd. C’est peut-être à ce moment-là que mon imagination commence à vagabonder. Je me surprends à imaginer une autre forme de démocratie.
Une idée simple, peut-être naïve.
Je me dis : et si, un jour, un chef d’État n’était pas un professionnel de la politique ? Pas quelqu’un qui a passé trente ans à gravir les échelons d’un parti, à construire une carrière, à préparer chaque étape de son ascension.
Non.
Je pense plutôt à une personne ordinaire; Un comptable; Un professeur; Un médecin; Pourquoi pas un gendarme. Quelqu’un qui n’aurait jamais cherché le pouvoir mais qui accepterait, pour une période limitée, de diriger le pays simplement parce qu’on lui a demandé. Un citoyen parmi les citoyens. Cette personne n’aurait pas de dettes politiques, pas d’alliances secrètes, pas d’ambitions personnelles démesurées. Elle regarderait les problèmes avec un regard simple. Est-ce que cette décision améliore réellement la vie des gens ? Est-ce que cette loi rend la société plus juste ? Est-ce que cette mesure prépare un avenir meilleur pour nos enfants ?
Je sais bien que certains lecteurs souriront en lisant ces lignes. Ils diront que la politique est trop complexe pour être confiée à des amateurs. Ils auront probablement raison. Mais j’aime parfois imaginer ce scénario, ne serait-ce que pour rappeler que la démocratie devrait toujours rester proche de ceux qu’elle représente. Car au fond, le véritable danger n’est peut-être pas la politique elle-même. Le danger, c’est la distance.
Lorsque les citoyens ont l’impression que le pouvoir se situe dans un monde complètement différent du leur, la confiance disparaît peu à peu. Et lorsque la confiance disparaît, les rumeurs prennent sa place. Les théories circulent, les soupçons grandissent, et chacun finit par croire ce qui correspond le mieux à ses propres frustrations.
Moi, je ne prétends pas avoir les réponses. Je pose simplement des questions. Et peut-être que l’écriture sert justement à cela. Pas à résoudre les problèmes du monde, mais à réfléchir à voix haute. À partager un doute, une intuition, un sourire ironique devant le grand théâtre politique. Finalement, si je n’ai pas écrit pendant trois mois, ce n’était peut-être pas une panne sèche. C’était peut-être simplement un ras-le-bol. Un moment où l’on préfère observer plutôt que commenter. Mais comme souvent, l’envie d’écrire finit toujours par revenir. Et lorsque cette envie revient, je me dis que Raymond Queneau avait peut-être raison.
Écrire ne coûte rien.
Et parfois, cela fait du bien.
Je vous quitte en vous embrassant bien fort.
@+
