Le Vieux Moustique a les mains sales : Chronique d’un naufrage ordinaire
article écrit Septembre 2014 mis à jour 28 février 2026
Bonjour, Voilà, ça fait des mois. Silence radio sur ce blog. Ce n’est ni une obligation, ni une sinécure, et encore moins un sacerdoce. Je n’ai jamais eu l’intention de déballer mes tripes sur la place publique pour amuser la galerie, mais le problème avec Internet, c’est qu’on ne sait plus où s’arrête le trottoir et où commence le salon. Regardez ces réseaux sociaux : une immense foire aux vanités où les gens affichent leur vie comme des quartiers de viande à la boucherie. On expose ses amours, ses ruptures, ses photos de vacances à poil — enfin, tout dépend du « à poil », car chez certains, c’est une insulte à l’esthétique. Si je devais créer un réseau aujourd’hui, je chercherais une idée qui ne consiste pas à dire ce qu’on a mangé à midi, mais plutôt à réunir les gens autour d’un peu de bon sens. On peut toujours rêver.
Je ne suis pas un procrastinateur de nature, mais je m’interroge : pourquoi ce silence ? Est-ce que mon magasin à idées est en liquidation totale ? Ou est-ce la faute de notre cher Président ? Celui sur qui on avait greffé tant d’espoirs qu’on finit par faire des calembours sur nos désespoirs. On nous avait promis le changement, on a eu le surplace en costume trop large.
La guerre en haute définition et les acéphalopodes
Ou alors, c’est qu’il n’y a plus de sujets qui fâchent ? On n’entend plus rien sur l’avion de la Malaysia Airlines. Évaporé. 239 âmes parties en fumée, probablement enlevées par des hommes verts ou aspirées par un trou noir médiatique. Et l’autre, celui abattu en Ukraine par des Russes déguisés en soldats de plomb ? On passe à autre chose, circulez, y’a rien à voir.
La guerre, aujourd’hui, c’est devenu un concept abstrait. On nous parle de « frappes chirurgicales ». J’adore le terme. On dirait qu’on envoie des bombes passer l’agrégation de médecine. On tire des roquettes sur des imbéciles, des « acéphalopodes » qui n’ont rien dans le ciboulot. Mais attendez, la peine de mort n’est-elle pas abolie ? Pourquoi alors on pulvérise ces types à distance ? N’y a-t-il pas d’autres moyens pour soigner ces malades que de les transformer en poussière d’étoiles ? On pourrait les mettre dans un asile, les traiter un par un. Mais non, on préfère la méthode Cro-Magnon : on frappe d’abord, on réfléchit quand il ne reste plus que des cratères. On se croit civilisés parce qu’on tue avec des joysticks.
Paternité, PSP et remises en question
Tout ça me ramène à l’humain. Qu’est-ce qui décide de ce qu’on devient ? Est-ce gravé dans nos gènes à la naissance ou est-ce que la vie nous sculpte à la truelle ? Un gendarme, un barman, un tueur en série, un Président de la République (parfois, les frontières sont poreuses)… est-ce que les parents se posent vraiment les bonnes questions sur leur progéniture ?
Parlons de moi et de mes trois fauves. Est-ce que j’ai fait le job ? Est-ce que j’ai été un bon papa ou un tyran domestique ? Quand je leur pose la question, le délire et les rancunes enjambent direct la conversation. « Ah ouais, tu te rappelles quand tu m’as mis un coup de pied au cul et que t’as explosé ma PSP ? » ou « Tu m’as empêché de faire ci, tu m’as trop poussé pour ça… ». On en rigole, mais le dossier est lourd.
Si je devais recommencer aujourd’hui, j’élèverais mes trois garçons différemment. Je ferais d’autres erreurs, sans doute pires. On n’a pas de mode d’emploi. Il n’y a pas d’école pour les pères. Pour les mères, c’est autre chose : elles ne savent donner que de l’amour, à part celles qui congèlent leurs bébés pour les garder « au frais » loin de la méchanceté du monde. Allez savoir ce qui se trame sous le crâne de certains.
L’héroïsme de salon et la bouse fumante
Je reste terrifié par ces tueries à la télé. Une image en noir et blanc, un zoom sur un bloc de béton, un type qui murmure des codes incompréhensibles dans un casque de gamer, une petite correction de trajectoire et… plouf. On a tué le mal. On a les mains propres, pas une tache de sang sur la chemise. Quel héroïsme ! Quelle bravoure de bureau !
Mais ce qu’on ne voit pas, ce sont les corps mutilés, les vies déchiquetées par nos « bombes intelligentes ». On fait exactement comme les barbares d’en face, mais avec un meilleur service de communication. C’est un jeu vidéo où on perd des vies réelles avec la certitude de gagner la partie. Et les parents de ces « fous d’Allah » ? Ils sont au premier loge de l’horreur, impuissants face à leurs gamins qui ont perdu la raison. Le mal n’engendre que le mal. Notre arrogance ne fait qu’attiser la folie meurtrière de ces malades qui utilisent les réseaux sociaux, non pas pour montrer leurs vacances, mais pour mettre en scène leur vengeance immonde.
Le retour du Saint Sauveur (et de sa fièvre)
Et pour finir en beauté, parlons du retour du « Saint Sauveur ». Sarko 2, le retour de la revanche. Ce n’est pas un quolibet, c’est une menace. Notre ex-président veut revenir pour rendre la monnaie de sa pièce aux socialistes qui lui ont plongé la tête dans la bouse fumante. Il aiguise ses crocs pour planter notre « Roméo », notre « Flamby » national, alias « The French Lover » ou « Scooter Boy ».
Hollande, c’est le type qui a réussi son entretien d’embauche avec un CV en or, mais qui une fois en poste, ne sait rien vendre, ne comprend rien et ne voit pas qu’on ne peut plus le blairer. Mon père disait toujours : « Montre la mort à un mec, il accepte la fièvre ». Et c’est là le génie du Vieux Moustique : il nous montre le mur, alors on se dit que la fièvre de Sarkozy, c’est presque la santé.
Pourtant, ce moustique-là a les mains sales. De Bettencourt à Bygmalion, de Kadhafi à Karachi, en passant par Tapie et les sondages de l’Élysée… le pedigree est long comme un jour sans pain. Bien sûr, il est « innocent » — la justice n’a toujours pas réussi à l’écraser — mais il n’y a jamais de fumée sans un bon gros feu de joie.
Allez, je vous quitte, gardez-vous du mal et surtout, surveillez vos fesses, les moustiques rôdent.
Je vous embrasse bien fort.
Gardez-vous du mal.
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